Interview avec le secrétaire général de la fédération nationale de la mutualité française

Interview exclusive avec Jean Philippe Huchet, le secrétaire général de la fédération nationale de la mutualité française, effectuée en marge de  la  27e Assemblée générale extraordinaire de L'Association internationale de la mutualité. Une assemblée qui a eu lieu à Casablanca.

Quelle est la situation actuelle des mutuelles en France ?

-Mutuelle-conseil : Monsieur Huchet, la mutualité française a subit les effets retardés de la crise. Comment cela se répercute t-il sur la mutualité ?

Pour l’instant, la crise amène le gouvernement français à faire des remboursements au niveau des régimes obligatoires. Nous pensons qu’il s’agit plutôt de transfert de charges vers le budget des ménages, surtout vers le budget des complémentaires.

Donc, nous sommes amenés à prendre en charge plus, et, évidemment, ça aura des conséquences sur les cotisations des mutualistes. En plus, le gouvernement vient de créer, en quelques années, de nouvelles taxes qui nous ont amené d’une situation ou les cotisations n’étaient pas taxées à la situation actuelle ou nous arrivons à des taxes proches de 9% des cotisations.

Et là encore, quand les taxes augmentent ça fait augmenter, bien évidemment, les cotisations de nos mutualistes.

Quel est le fonctionnement d'une mutuelle ?

-Mutuelle-conseil : Revenons à la conférence de Casablanca. Quels en sont les principaux buts ?

Ce que nous souhaitons, c’est parler de la gouvernance, puisque le modèle mutualiste est très spécifique. Contrairement aux sociétés commerciales il n'y a pas d’actionnaires à rémunérer. Dans les sociétés commerciales, eh bien, la gouvernance est simple ; C’est celui qui dispose de la majorité des parts qui a le dernier mot.

Dans les structures comme les mutuelles c’est différent, puisque c’est un homme une voix, et donc ce sont les représentants des mutualistes qui ont  la possibilité de représenter leurs mutualistes. Ces derniers décident eux-mêmes des niveaux de cotisations et de taxations. Donc, ça implique des règles de gouvernance particulières. L’échange qui a eu lieu au niveau de cette conférence c’est de parler des modalités spécifiques de gouvernance qu’entraîne le statut de mutualité.

-Mutuelle-conseil : Lorsque les mutuelles grossissent, est-ce qu’elles ne courent pas le risque d’avoir des stratégies d’entreprises classiques ?

La réflexion sur la gouvernance doit nous amener à nous souvenir toujours que nous nous sommes que des sociétés de personnes et que notre but n’est pas d’avoir une logique d’entreprise mais bien une logique de groupement de l’économie sociale, c'est-à-dire au service de ses adhérents qui sont en même temps ses propriétaires et ses clients.

-Mutuelle-conseil : Quels sont les défis auxquels les mutualités européennes, et notamment française, doivent faire face ?

Aujourd’hui, le défi principal c’est que les sociétés commerciales ont la possibilité d’exercer au niveau international et au niveau européen avec des statuts de sociétés économiques européennes et nous demandons la créations d’un statut européen de la mutualité qui nous permettrait d’agir de manière internationale sur plusieurs pays, ce qui, aujourd’hui, sur le plan réglementaire, n’est pas possible.

Publié le 21/10/2010
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